L’irrationalité économique récompensée

L’économie et la finance comportementales ont le vent en poupe.  Quatre ans après Robert Schiller, Richard Thaler reçoit le prix Nobel d’économie 2017. Ces deux économistes renommés ont depuis de longues années mis en lumière l’importance de nos comportements dans nos prises de décisions. 

 

Le constat des économistes comportementalistes est assez difficile à entendre :  « Nous ne sommes pas des êtres rationnels ».  A fortiori quand nous prenons des décisions financières.  Pourtant, pendant de nombreuses décennies, la science économique a basé son postulat sur le caractère rationnel des agents économiques et des investisseurs.

Robert Schiller a obtenu son prestigieux prix en 2013 pour son travail sur les bulles financières.  Son best-seller « exubérance irrationnelle » traitait de l’euphorie des valeurs technologiques au début des années 2000.

Richard Thaler vient d’être récompensé pour ses travaux sur le rôle de la psychologie dans nos décisions d’investisseurs ou de consommateurs.  Son livre « Nudge, la méthode douce pour inspirer la bonne décision » est également devenu un succès de librairie.

Reconnaissance du monde académique

Le monde académique reconnaît petit-à-petit les travaux des économistes comportementaux dont la discipline est à la frontière de l’économie et de la psychologie et tire sa substance dans des expérimentations de laboratoire ou dans des jeux.

Quand nous prenons des décisions, nous sommes influencés par notre psychologie mais aussi par nos émotions.  L’homo oeconomicus froid et rationnel cher aux économistes classiques n’est qu’une vue théorique désincarnée.  En tant qu’êtres humains, nous sommes sujets à de nombreux biais comportementaux.  Ce sont des sortes d’œillères qui nous empêchent de voir correctement la réalité.

L’Ego est notre pire ennemi

Le principal ennemi de l’investisseur, ce n’est rien d’autre que lui-même.  En effet, notre ego nous pousse à faire trop confiance à ce que nous croyons. Ce qui est souvent à l’origine de biens des déconvenues financières. Le biais de confirmation est bien connu de la finance comportementale.  Nous choisissons bien souvent de ne retenir que les informations qui vont étayer ou renforcer notre point de vue plutôt que de faire attention à celles qui divergent.

Une des solutions ? Garder l’esprit ouvert.  Nous devons demander des avis contraires qui ne vont pas dans le sens de ce que nous croyons.

Après la crise de 2008, la question  « comment n’a-t-on rien vu venir ? » revenait sur toutes les lèvres.  Notre tendance à ne retenir que les informations conformistes est sans doute à l’origine de bien des crises.  Les signes avant-coureurs existent mais bien souvent nous feignons de les voir.

Dans le cadre de ce blog, nous croyons intéressant de vous renseigner sur nos comportements irrationnels et sur les biais qui malheureusement nous gouvernent trop souvent.  Pour avoir de la chance en investissement, il faut oser changer son point de vue.  La Serendipity ne supporte pas la paresse intellectuelle.

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