Rapport annuel 2017 Fuchs

Rapport annuel 2017

Thierry Denys

Rapport Annuel 2017

L’Europe tout en maîtrise ; les Etats-Unis en grande pompe.

L’année 2017 vient de se terminer sereinement, les marchés ayant applaudi les bonnes nouvelles au premier semestre et réagi modérément aux éléments anxiogènes de ces derniers mois. Les investisseurs ont semblé faire fi des coûts engendrés par les ouragans Harvey et Irma, des tensions avec la Corée du Nord et ses menaces d’attaque nucléaire, la crise politique en Allemagne, et même de la crise catalane ; de la déclaration d’indépendance et de l’arrestation des leaders indépendantistes.

Oui, ce fut généralement une année positive pour les marchés actions, les opérateurs se concentrant sur le rattrapage économique de l’Europe face à sa cousine américaine. Dans ce contexte, l’EuroStoxx 600 a réalisé une performance atteignant presque les 8% et les bourses nationales, quant à elles, performaient entre 6 et 12%. A titre d’exemple, la performance du Bel20 atteignait 10.30%, et celles du Cac 40 et du Dax se situaient respectivement à 3.26% et 12.51%.

Aux Etats-Unis, les performances des indices actions ont été encore plus remarquables, atteignant des records, coupant court aux spéculations d’un marché mature. En effet, le Dow Jones a réalisé une performance de 25.1% sur l’année et le S&P 500 est monté de 19.4%. A noter également le très beau parcours du Nasdaq qui a pris 28.2%.

Du côté des matières premières, nous avons assisté à une belle reprise de l’or noir en 2017. A la fin de l’année, le Brent atteignait 66.87 USD, soit une performance annuelle de 17.7%.

2017 aura également été le témoin de la baisse du billet vert au profit de l’Euro. Au 31 décembre, l’Euro s’élevait à 0.8319 contre USD.

Les Etats-Unis, premiers de cordée

Bénéficiant toujours d’un contexte économique favorable, et animés par une série de statistiques économiques jugées encourageantes, dont un taux de chômage au plus bas à 4.1%, les indices américains ont franchi des records historiques cette année, saluant les bons résultats des groupes qui les composent ! Les performances des indices actions ont atteint une vingtaine de pourcents. Parmi les secteurs qui se sont démarqués, les valeurs technologiques, le secteur de la santé, et le secteur de la construction. Dans un tel contexte, le ratio P/E du S&P 500 s’élevait à 22,5 à la fin de l’année, nettement au-delà de la moyenne historique de 17.4. Alors que bien des investisseurs voyaient le niveau de 20 comme un signal vendeur, les indices ont gardé une tendance haussière ; tendance qui devrait subsister durant les prochains mois, alors qu’inversement, la volatilité reste très faible, bien en-deçà de sa moyenne historique. En fin Page2

d’année, les marchés US ont reçu un nouveau souffle avec le vote du Congrès américain de la réforme fiscale voulue par Donald Trump. Une bouffée d’oxygène pour les sociétés qui devrait porter ses fruits dès 2018.

Et du côté des taux ?

Les rendements américains ont clôturé l’année en baisse, avec le 2 ans à 1.88% et le 10 ans à 2.41%. Les probabilités d’une hausse des taux dès mars sont supérieures à 50%, et les futures misent sur une baisse d’une cinquantaine de bips pour 2018. Malgré les mouvements de hausse des taux, les performances des produits de dettes ont été globalement bonnes tout au long de l’année.

Sur le marché des taux, en Europe, la période a été marquée par deux dossiers : Altice et Astaldi. D’une part, alors que les résultats trimestriels d’Altice ont été jugés sévèrement par le marché, la valeur a perdu plus de la moitié de sa valorisation boursière. Dès lors s’est posée la question de la solvabilité du groupe, entraînant simultanément les émissions obligataires dans le rouge. Drahi, le président du groupe, a dû se résigner à vendre des actifs afin de rassurer le marché, et faire un rachat d’actions en parallèle, preuve technique de la confiance du management dans son business. Quant à Astaldi, le groupe de BTP italien, déjà affaibli par quelques projets en berne, a subi la mise en faillite du Venezuela, marché sur lequel le groupe est fortement exposé. Le CDS du groupe s’est envolé au-dessus des 3200 points. Malgré quelques nouveaux contrats, la restructuration de la dette reste une étape incontournable.

Globalement, sur le marché des taux, le contexte actuel d’un renforcement de l’Euro contribue à ralentir l’inflation et incite de ce fait la BCE à garder sa politique accommodante… malgré quelques ajustements. Son président, Mario Draghi, a d’ailleurs annoncé, au quatrième trimestre, un changement de critères d’éligibilité des obligations seniors unsecured émises par des institutions de crédit et qui lui sont amenées comme collatéral. Lors de sa dernière déclaration, la BCE a aussi sensiblement rehaussé ses prévisions de croissance en zone Euro pour 2018. Tout cela est bien entendu positif pour les marchés obligataires européens.

L’Europe, telle le phénix

Bien que plus modestes que celles de leurs cousines outre-Atlantique, les performances des actions européennes ont été, dans leur ensemble, très appréciables, les marchés semblant enfin avoir trouvé quelque soutien politique pour amorcer davantage leur croissance, particulièrement depuis le mois de mai et l’élection, en France, de Emmanuel Macron.

Cependant, ceci ne s’est pas fait dans une douceur sans relief : mi-octobre, l’unité de l’Europe a été mise à l’épreuve avec le résultat positif au référendum d’auto-indépendance catalane, mené par le président des indépendantistes Carles Puigdemont. S’en sont suivis altercations entre indépendantistes et le gouvernement espagnol, peines d’emprisonnement pour les leaders, et toute une période d’instabilité politique. Finalement, l’état espagnol n’eut pas d’autre recours que d’organiser des élections régionales en Catalogne… pour obtenir le même résultat : la demande d’indépendance de la province. En amont et Page3

pendant cette période, la bourse espagnole a bien sûr été soumise à une forte volatilité. Le cours de plusieurs banques et sociétés s’est effondré. Dès lors, pour soutenir leur capitalisation, nombre de ces sociétés se sont décentralisées pour améliorer leur stabilité face à leurs actionnaires. A ce niveau-là, il est fort peu probable que la Catalogne s’en sorte renforcée.

En Allemagne, suite aux élections législatives de l’été, le parti d’Angela Merkel était dans la tourmente et peinait à former une coalition, jetant un doute sur la capacité de cette dernière à mener un quatrième mandat consécutif à la tête de la première économie d’Europe. Finalement, la perspective d’une nouvelle « grande coalition » entre le parti de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) d’Angela Merkel et le Parti social-démocrate (SPD), a apaisé les craintes sur la situation politique en Allemagne.

Au-delà des frontières européennes

Un peu plus au nord, nous retrouvons les conséquences d’un autre référendum… Les négociations persistent entre l’Union Européenne et le Royaume-Uni.

Malgré le Brexit, les valeurs anglaises ont suivi la tendance européenne en 2017, aidées par l’appréciation de la livre sterling (+10% de récupération des 16% de dépréciation depuis le vote du Brexit): le FTSE 100 est monté de 7.5% en 2017. Quant aux rendements, ils ont enregistré une performance quasi « flat », avec le gilt clôturant comme il avait commencé 2017, à 1.20%.

Cependant les analystes se montrent moins optimistes pour les années à venir alors que l’inflation devrait baisser et la croissance rester inférieure à celle de grandes nations telles que les Etats-Unis, la France ou l’Allemagne. Dès lors, il ne serait pas étonnant que la Banque d’Angleterre baisse ses taux en 2018 d’au moins 25 bps.

En Chine, les prix à la consommation sont restés en hausse, conformément aux attentes du Bureau national de la statistique. Les prix à la production ont pour leur part surpris à la hausse, stimulés notamment par une forte demande intérieure de matériaux de construction.

La Banque de Chine a à nouveau assoupli la règlementation de réserve obligatoire des banques, et resserré son taux de référence journalier à 6.5%. Dans ce contexte, la devise chinoise s’est appréciée et s’élevait à 6.49 contre USD à la fin de l’année.

Commodities et devises

Cette année, nous avons assisté à une belle reprise du cours du pétrole : au 31 décembre, le Brent atteignait 66.87 USD, soit une performance annuelle de 17.7%. Sur les derniers mois, les cours ont été soutenus d’une part par une réduction de la production de l’oléoduc canadien Keystone XL, qui Page4

approvisionne les Etats-Unis, et d’autre part par l’annonce, en novembre, d’une baisse des stocks américains de brut par l’American Petroleum Institute. Enfin, les investisseurs se sont réjouis de l’annonce, par les pays membres de l’OPEP et dix autres producteurs de pétrole, d’une prolongation de 9 mois de leur accord sur le plafonnement de leur production pétrolière.

A l’inverse, le gaz a fortement corrigé, ainsi que le cours du sucre. Les métaux de base étaient globalement en hausse, si ce n’est le fer qui a baissé de près de 20%.

Les performances des métaux précieux laissaient paraître moins d’euphorie que l’année précédente, avec l’or en hausse de 13%, et le platine de seulement 3.62%.

Au quatrième trimestre et pour clôturer l’année, le billet vert a été pénalisé par l’aplatissement de la courbe des taux aux Etats-Unis, où l’écart de rendement entre les emprunts à 2 ans et ceux à 10 ans est tombé à un niveau au plus bas depuis dix ans. De plus, le contexte politique avec la Corée du Nord et les « twitteries » du Président Trump n’ont pas aidé à rehausser la devise américaine à sa place historique de devise forte.

Généralement, l’appréciation de l’euro n’est pas pour servir aux Bourses européennes. Cependant, les facteurs à l’origine du renchérissement de la devise sont également ceux qui alimentent l’appétit pour les actions européennes.

Au 31 décembre, l’Euro s’élevait à 0.8319 contre USD.

Actualité ou fait divers…

Une autre devise s’est imposée sur les marchés, faisant fortement parler d’elle : le Bitcoin. Ou comment une crypto-monnaie, ne reposant sur aucune économie, aucune richesse sous-jacente-, seulement sur un pseudonyme totalement abstrait, ne passant par aucun organe de contrôle, aucune chambre de compensation, peu liquide, méga volatile et complètement dérèglementée trouve de l’intérêt parmi les investisseurs, ces mêmes investisseurs qui, quelques années plus tôt, criaient (et crient toujours) « au scandale » lors de l’éclatement de la crise des subprimes. Bien que le Bitcoin ait corrigé de quelques 29% rien que sur le mois de décembre, son attractivité semble toucher de plus en plus d’investisseurs, même les plus modestes. Spéculation ? Effet de mode ? La fureur du Bitcoin suscite bien des passions. Décidément, l’Homme a une grande capacité à oublier.

Au nom de toute l’équipe, nous vous présentons nos meilleurs voeux pour 2018 ! Nous vous souhaitons succès, santé et bonheur !

Pour toute information complémentaire, merci de nous contacter à l’adresse suivante : teamTD@fuchsgroup.com

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